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Des origines au XVIIe siècle

La cathédrale de l’An mille

Reliure du pontifical à l'usage de l'évêque de Châlons

Peinture sur Vélin, fin du XIIIe siècle - MS 45 - Bibliothèque municipale Georges Pompidou de Châlons-en-Champagne.
Ce livre saint, où quatre enluminures ornent chacun des deux plats, constitue un type d'ouvrage d'une grande rareté aujourd'hui.




Les premiers édifices

Implantée au début du IVe siècle au cœur de la cité gallo-romaine par saint Memmie, son premier évêque, la cathédrale de Châlons-en-Champagne est dédiée à saint Etienne, diacre de la première communauté chrétienne de Jérusalem, lapidé à mort et considéré comme premier martyr de sa foi. On ne sait rien de ce premier monument, ni de celui ou de ceux qui l’ont remplacé avant le Xe siècle.

La cathédrale du Xe siècle

En 963, la ville de Châlons-en-Champagne fut prise et brûlée par Herbert II, comte de Champagne. En effet, bien que située au centre du comté de Champagne, la ville de Châlons n’en faisait pas partie ; elle se trouvait sous l’autorité de son évêque qui, en sa qualité de comte et pair de France, dépendait directement du roi de France.

Probablement parce que sa cathédrale avait été sinistrée par cet incendie, l’évêque Gibuinus ou Jubin Ier (947-999) la fit rebâtir par un certain Hugues, moine qui avait travaillé à la reconstruction de son abbaye de Montier-en-Der (Haute-Marne). Cette nouvelle cathédrale avait pour particularité de posséder un massif de façade, dit « tour Saint-Laurent », qui subsista jusqu’à la fin du XIIe siècle.

 

La cathédrale et son environnement au XIIe siècle

Au début du XIIe siècle, la cathédrale s’élevait au milieu d’un quartier canonial qui occupait environ le quart de la cité gallo-romaine.

Entre sa façade occidentale et le rempart de la ville qui longeait la Marne s’étendait le palais épiscopal.

Le cloître « processionnal » se trouvait au nord de l’édifice et était bordé de maisons canoniales et de locaux communautaires, tel l' hôtel-Dieu Saint-Etienne - aujourd’hui disparu -, qui relevait du chapitre.


Les habitations situées à l’est et au sud de la cathédrale formaient le quartier ecclésiastique, ou cloître, qui dépendait aussi du chapitre, tant au spirituel qu’au temporel ; il fut fermé de portes à partir de 1255.


Deux petites collégiales se dressaient le long des murs de Saint-Etienne : au nord, l’église de la Trinité, fondée en 1027 par le prévôt Beuve ; au sud, Saint-Nicolas, créée par l’évêque Roger III (1066-1092) et définitivement organisée en 1094. Au cours de ses agrandissements, la cathédrale se heurta successivement à ces deux églises, trop proches d’elle.

 


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